Le Mans - Premières horloges

Les premières horloges mancelles

Mécanismes conservés dans les réserves des Musées du Mans

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L'horloge du cardinal de Luxembourg

En suivant les analyses de Monsieur Paul Gelineau dans "Les horloges Anciennes de la Ville du Mans", extrait du Bulletin de la Ville du Mans 1933, j’ajouterai des extraits sur la "Mirifique Horloge de Saint-Julien" de Étienne Bouton.

En 1507, le cardinal Philippe de Luxembourg, qui occupe le siège épiscopal du Mans depuis 1477, termine les embellissements qu’il fait réaliser dans la cathédrale. Il en profite pour y mettre une horloge astronomique, objet des plus rares à cette époque. Elle fut installée par un maître de l’art, dont le nom nous est inconnu.
Cette horloge avMaquette boutonait l’aspect d’une tour en pierre partiellement ajourée, le haut était terminé par une galerie circulaire où, aux heures, passaient des petites statuettes en couleur, représentant les douze apôtres. Les timbres de l’horloge faisaient entendre l’air de O beate Juliana, ainsi que la messe de Saint-Julien, Juliana Praesuli. Dans cette petite fenêtre apparaissait chaque jour une statuette coloriée personnifiant les jours de la semaine avec le nom du jour en grosses lettres. Les figures des lundi, mardi, mercredi et jeudi étaient toutes de bonnes mines, celles du vendredi et du samedi avaient un visage maigre, tandis que celle correspondant au dimanche avait un parfait embonpoint. Cette horloge était une merveille pour l’époque. Elle indiquait les heures et les minutes, la marche annuelle du soleil sur l’écliptique, son lever et son coucher, les phases lunaires, ainsi que les mouvements des planètes.

Les gens de la campagne venus pour assister à la messe s’empressaient d’accourir dès qu’ils entendaient les premières notes du chant Juliano Praesti. Le bruit des sabots troublait les fidèles si bien que, pour ces motifs ainsi que pour cause d’usure (elle a alors plus de 150 ans), un jeune évêque, Louis André de Grimaldi nommé en 1767, épris de luxe et d’art moderne, envoya les chanoines célébrer leurs offices du 9 juillet 1768 au 24 mars suivant, dans la chapelle du couvent des Jacobins ! Et il en profita pour faire transformer l’intérieur de la cathédrale, ce qui fut fatal à l’horloge.

Maquette d'Étienne Bouton  Photo Paul Deciron

Suivons Étienne Bouton dans "la Vie Mancelle" en mai 1964 : « Dans sa LÉGENDE DORÉE écrite au milieu du XVIes, Jean Moreau ne tarit pas d’éloge à son égard : "horloge d’un artifice merveilleux, admirablement inventée et façonnée, elle indique les années, la course du soleil, sa montée et sa descente à l’aide d’une baguette, les lunes et leurs révolutions durant le mois, et les minutes des  heures." Ce que confirmera M. de la Valette en 1729 : « L’horloge est d’une structure assez singulière, elle a une sonnerie, et elle marque le jour du mois, le lever et coucher du soleil… »

La maquette réalisée par Étienne Bouton, interprète les différentes descriptions énoncées.

Durant les visites effectuées à Saint-Jean de Lyon et à Strasbourg, il est possible d’observer ces splendides mécaniques. Les deux photos qui suivent ont été empruntées aux petits fascicules qui nous sont présentés lors des visites.

Lyon saint jean  Lyon           et          Strasbourg Srasbourg 

Si nous n’avons évidemment plus les bruits des sabots, les curieux  pourraient peut-être encore fredonner l’air de Saint-Julien ou analyser ce bas relief supposé venir du socle de l’horloge astronomique du  Cardinal de Luxembourg. Paul Gelineau "sonne le glas" de cette monumentale horloge : « Elle fut paraît-il complètement anéantie et ses débris jetés pêle-mêle parmi les ferrailles. Il faut donc aujourd’hui abandonner tout espoir d’en retrouver trace ».

 Socle de l horloge

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                          Bas relief Soleil entre deux hypocampes. Dimensions 39,5 x 80 x 17cm, XVIe siècle. Cliché Musées du Mans

 

 

Notes chansonCouplets

 

Cette horloge inspira un horloger de Saint-Michel de Chavaignes qui entreprit la construction d’une horloge comparable, mais plus petite, laquelle fut terminée en 1783.  En compulsant les Affiches du Mans du mois de mai 1783 nous retrouvons l’objet en vente dans une maison du Mans, rue Saint-Vincent.

Date de dernière mise à jour : 05/07/2021