Les clepsydres

Les horloges à eau antiques

Dans l’Antiquité, seules les horloges à eau permettaient de mesurer le temps indépendamment du climat et de la lumière du jour :
                                            Clepsydre = voleur d’eau
Au VIe siècle avant J.C, on se livra à diverses observations sur des phénomènes pneumatiques et hydrauliques en utilisant des corps creux percés, munis de petites sorties que l’on pouvait fermer avec le pouce, et grâce auxquels, comme avec une pipette, on pouvait « tirer » du vin, de l’eau, ou de l’huile dans des grands récipients. L’observation de la lente plongée d’un tel corps dans un liquide, ou encore la possibilité d’en retarder l’écoulement ont mené à la découverte de la clepsydre comme moyen de déterminer la durée d’un laps de temps.

Les clepsydres ou les horloges à écoulement

H clepsydres dessins

Le moyen le plus ancien et le plus simple de mesurer ainsi un laps de temps n’était cependant pas les formes de tire-vin, mais ce que l’on appelait les horloges à écoulement d’eau, appelées aussi clepsydres. Un simple récipient était pourvu d’une sortie étroite. L’écoulement d’une quantité d’eau déterminée servait alors à mesurer le temps passé ; l’observation de la baisse du niveau de l’eau permettait aussi une mesure du temps très simple. On mentionne la présence de tels récipients en Inde, en Chine, en Egypte au temple de Karnak… On pense que les surfaces intérieures du récipient, taillées en biais pour compenser la baisse de la pression de l’eau, étaient pourvues de gradations qui permettaient de diviser la nuit pour différents mois de l’année. Des expériences récentes ont montré que l’erreur quotidienne n’était que d’un quart d’heure environ et que, autant que l’on le sache, ces récipients étaient utilisés pour diviser les gardes de nuit.
En Grèce, dans
les assemblées judiciaires, on utilise à partir du Ve siècle avant J.C. de simples clepsydres à écoulement qui permettent de répartir et de limiter le temps de parole. Comme les discussions devaient en règle générale s’achever en l’espace d’une journée, on divisait en trois le temps de parole global dans les procès pénaux : plaignants, défenseurs et juges ; et en cinq dans les affaires civiles, en se fondant sur la quantité d’eau approximative s’écoulant de vases au cours d’une journée brève (environ 9 heures). Lorsqu’on entendait les témoins, lorsqu’on lisait les pièces du dossier, on refermait les récipients. Les temps de parole étaient aussi mesurés selon la valeur du litige. On n’accordait pas alors aux parties une fraction du temps de parole quotidien, mais un nombre défini de brocs (d’environ 3,2 litres) dont le temps d’écoulement s’élevait, selon les calculs modernes entre 3 et 4 minutes chacun.

Récit de Hérophile d'Alexandrie

H estampe malade imaginaire

Hérophile d'Alexandrie aurait employé une clepsydre de période brève pour déterminer la fréquence du pouls des malades atteints de fièvres. Par comparaison avec les fréquences relevées dans le même laps de temps à des personnes saines à quatre paliers d'âge différents, il aurait ainsi été possible d'étudier les tranformations morbides. La médecine antique, qui décrit plutôt le pouls comme "fort", "faible", "régulier" ou "agité", utilisait aussi des adjectifs comme "rapide", "lent", "accéléré" ou "hésitant" dans un sens qualitatif et strictement lié à l'expérience personnelle du médecin.

→   Le malade imaginaire de Molière

Mais il fallut attendre le XVIIe siècle pour que l'on commence à compter les battements du pouls.

 

Date de dernière mise à jour : 24/03/2021