Vivoin

Église de Vivoin

Cadran vertical, canonial. [72380001-01]

Nous tenons des Bénédictins cette approche de la détermination du temps grâce au cadran solaire dans nos régions de l’Europe de l’ouest. Très implanté en Grande Bretagne à la fin du VIe, cet ordre religieux organise sa vie journalière selon la Règle de Saint Benoit. L’antique division adoptée par les romains, de 12 heures de jour et de 12 h de nuit sera d’ailleurs conservée jusqu’à la fin du XVe. Cette manière de déterminer certains moments de la journée avait le gros inconvénient d’engendrer une variation permanente dans la durée même de ces heures. En effet, au solstice d’été le soleil se lève vers 4 h et se couche vers 20 h ; la durée du jour est donc de 16 h. Par contre au solstice d’hiver le soleil se lève vers 8 h et se couche vers 16 h, la durée du jour n’est plus que de 8 heures.
Les heures temporaires ainsi définies étaient inégales tout au long de l’année sauf au moment des équinoxes (heures équinoxiales). Elles variaient de 40 minutes au solstice d’hiver à 80 minutes au solstice d’été. La sixième heure (midi) restant la seule fixe.
Les cadrans installés sur les murs des prieurés, sur des églises conventuelles se traçaient dans un cercle ou demi-cercle divisé en secteurs, parfois 12, 8, ou 6. Prime se chantait à la première heure

Tierce au milieu de la matinée, 3
ème heure, Sexte à midi, 6ème heure, None au milieu de l’après-midi 9ème heure, Vêpres vers la 11ème heure.
L’usage de ce cadran se maintiendra pendant tout le Moyen Âge et laissera place au cadran à polo (style parallèle à l’axe du monde). Mais les habitants du village gardaient comme fil conducteur de leurs activités, la position apparente du soleil dans le ciel et ceci perdure même encore de nos jours
.
À Vivoin qui, selon Robert Triger, doit être compté au nombre des édifices du XIIe et XIVe plus intéressants de la Sarthe, les différentes modifications apportées tant au Prieuré qu’à l’église Saint-Hypolite permettent d’avancer quelques réflexions sur son cadran solaire.
Le cadranier s’est inspiré, ou a modifié, un cadran plus ancien, canonial sans aucun doute.

Vivoin 1

                       Vivoin 2       

                           

   Etat du cadran avant réhabilitation                                                                   Dessin des traces interprétées

Les relevés établis lors de sa restauration nous permettent de constater :
- La présence de deux lignes estompées, l’une à 45
° entre 3 et 4 h, l’autre à 30° entre 9 et 10 h, lignes plus anciennes non utilisées par la suite. Nous relevons également dans la partie supérieure les traces de deux lignes légèrement gravées à 125° symétriques par rapport à midi.

- Un cercle de diamètre 135 mm, partagé selon son diamètre par une ligne horizontale, cette dernière se situant tout près du joint de séparation des deux pierres, comme souvent sur ce type de cadran.

Le demi-cercle inférieur est divisé en douze secteurs inégaux, avec ligne de midi verticale :

11 h = 13°, 10 h = 26 °, 9 h = 39 °, 8 h = 55 °, 7 h = 72 °, 6 h = 90 °

1 h = 12 °, 2 h = 25 °, 3 h = 40 °, 4 h = 55 °, 5 h = 73 °, 6 h = 90 °

Un trou au centre et un deuxième à l’intersection de ligne de midi, confortent l’hypothèse de la présence ancienne d’un style incliné et non d’une tige perpendiculaire à la table.
L’hésitation dans la gravure des lignes horaires nous éloigne d’un cadran canonial ‘’classique ’’.

Vivoin 3Vivoin 4

         

   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                Première étape          et          Cadran terminé

S’agit-il d’une interprétation empirique qui ‘’accommode l’ancienne tradition à une approche plus moderne de la fragmentation du temps" comme nous le constatons au XVe siècle sur les cadrans de cette période ?
Les interprétations gnomoniques des cadrans canoniaux, ne procèdent pas de calculs trigonométriques rigoureux, même si certains s’essayent à trouver des démonstrations mathématiques à ce type de cadran. Disons simplement, tout d’abord qu’il est faux, moins précis que les anciens "scaphès à œilleton" des Grecs et des Romains, et qu’il permet seulement de déterminer des espaces de temps dans une journée.

Les gravures de la table ont été légèrement refaites, soulignées en fond de gorge par une teinte terre de Sienne et le style incliné confectionné en fer doux. Ces travaux ont été réalisés par l’Entreprise Lefèvre.

 

 

 

Date de dernière mise à jour : 28/09/2020