Horloges

Sous Louis XIV, le Roi Soleil, il fallait régler les horloges publiques "selon le cours du soleil".  Premier régulateur du temps, dans les sociétés anciennes, le cadran solaire, fut un compagnon loyal pour l'horloge mécanique, en l'aidant à se développer. Mais cette dernière abandonna son maître… trop silencieux.
Ces premiers appareils "mécaniques", utilisés dans les églises sont dites « horloges monumentales ». Afin de décompter le temps, elles utilisent comme "moteur" une grosse pierre fixée au bout d'une corde enroulée sur un cylindre. Si on peut faire état d’une chronologie afin de nous situer en Sarthe, on adoptera, Paris 1370, Angers 1384, Poitiers 1387.

 

Horloge cathedralePour la Sarthe : dès 1474 il existait une horloge en la cathédrale du Mans, puisqu'on donne 12 livres à Gervaise Lambert, "atrempeur de l'horloge de Saint-Julien". La deuxième fut l'horloge astronomique installée en 1507 par le Cardinal de Luxembourg dans la chapelle Saint-Jean-Baptiste.
Nous possédons différentes indications sur ces horloges anciennes.

Voici ce qu'écrivait Paul Gelineau dans "Sciences et Arts de 1933" au sujet de l'horloge de Saint-Julien :
"en 1736, l'échevin Véron déclare s'être rendu à l'horloge de Saint-Julien et l'avoir trouvée en si mauvais état que sa réfection s'impose ; le bureau municipal est unanime à approuver la construction d'une horloge neuve. Le marché est traité aimablement avec l'horloger Boutelou."

Le 19 juin 1762, relate Paul Gelineau : "deux échevins présentent un rapport dans lequel ils déclarent "avoir engagé le R. P. Bedos religieux de l'abbaye de Saint-Vincent, à visiter les horloges de la cathédrale et de la Cigogne et, qu'après examen, il leur avait démontré que ces deux horloges étaient à refaire".

Nous ne savons que peu de choses sur la manière dont les horloges mécaniques anciennes étaient fabriquées dans notre région. Elles sont de fer ou d'acier (voir Première horloge de Saint-Georges-du-Rosay 1624) et peuvent comporter des éléments de bois, comme à Mézeray où l'horlogeur s'oblige à fournir tout ce qui est nécessaire à faire la montre, à l'exception du bois et du menuisier. Pour Le Mans, nous avons des précisions :
"si la ville veut suivre le même sistème qu'il a mis en pratique pour celle de Saint-Vincent, qu'est d'avoir une forge et boutique, d'ageter les matières et de louer des ouvriers, que c'est le seul moyen de n'être point trompé". La ville loue alors, le 28 juin 1762, une boutique dans un immeuble place du Château pour y installer un serrurier qui y fera construire une fournaise et placer des enclumes et autres instruments nécessaires à la réalisation du projet. Parfois, alors que le contrat n'était pas rempli, on risquait la prison. Ainsi, Louis Yvert, maître horologeur d'Assé-le-Boisne, fut condamné, par jugement rendu au siège du présidial du Mans le 5 juillet 1674, à être incarcéré "ès prisons royaulx de cette ville".

Rappelons, pour la petite histoire, toujours selon Paul Gelineau, que la première horloge construite en France fut installée au Palais de Justice de Paris. Il en est fait mention en 1334 dans un manuscrit de la B. N. F. Et d'ajouter : "son cadran, qui datait de 1418,  fut refait à neuf en 1885 ; tout son entourage, armoiries, médaillons, couronnes, etc., aurait été exécuté par notre compatriote Germain Pilon".