Fouilles du cimetière médiéval

Fouilles du cimetière médiéval

Archéologie. Les archéologues estiment que les fouilles, place Washington, révèlent un important cimetière médiéval et moderne.

Fouilles du cimetiere medieval

 

Quelle(s) histoire(s) raconteront les fouilles archéologiques de la place Washington ? La découverte puis l’exploration de 770 sépultures, de mars à novembre 2025, ne constituent que le préambule d’une longue étude scientifique en laboratoire.

« Nous avons deux ans de travail, c’est une découverte importante, du même niveau que celle faite à Lyon », atteste Jean-Baptiste Rible, 

 

Cimetière des pauvres.

Les recherches pourraient mettre à jour près de 1 000 squelettes, ce qui ferait du chantier du Mans un site exceptionnel et rarement observé en France. La présence de nombreuses sépultures, n’est pourtant pas une surprise pour les historiens, qui connaissait l’existence d’un « cimetière des pauvres », lié à l’ancien hôtel-Dieu, peut-être fondé en 1160. Pendant 600 ans, entre les XIIIe et XVIIe siècles, on y a déposé les corps d’indigents, malades abrités à l’hôtel-Dieu, mais aussi enfants abandonnés.

Le cimetière était vaste puisqu’il comprenait l’actuel périmètre de la place Washington et débordait sans doute au nord et à l’ouest du site.  Une quinzaine de chercheurs a concentré les fouilles sur 9 000 m2, débusquant des sépultures individuelles et collectives dans des excavations parfois situées à 50 cm de profondeur.

« Certaines contenaient jusqu’à vingt individus dans un espace réduit. Le travail était complexe, car il fallait fouiller sans bouger un seul os, signale Vanessa Brunet, archéologue-anthropologue à l’Inrap. Il était important pour nous de savoir s’il y avait eu un geste de fossoyeur »

 

Forte mortalité

Aucune datation, n’a pour le moment été avancée par les chercheurs, qui s’appuient sur des données anthropologiques.

Nous avons une occasion rare d’étudier des populations peu décrites dans les sources historiques, avertit Fabien Le Roux, responsable de fouilles.

Les premières observations mettent en avant des cas de rachitisme ou de tuberculeuse osseuse. Certaines sépultures multiples, pourraient témoigner d’épisodes de forte mortalité dues à des famines ou des épidémies.

Extraits d’un article de Ouest-France, du 30 janvier 2026

Date de dernière mise à jour : 04/02/2026