Verneil-le-Chétif

Place de Verdun, un cadran vertical de 1880, sur ardoise, avec des courbes de temps moyen sur chaque ligne horaire et un style particulier

M verneil 1

Ce cadran indique l’heure solaire vraie et le temps moyen. 

Sur la M verneil 2table rectangulaire en ardoise de 1410×1110 sont gravés en haut et de chaque côté du style :

CADRAN SOLAIRE À HEURE CIVILE (à g.), 
ET À TEMPS VRAI (à d.)

à droite au bord : Dezecot Verneil 1880

 

 

Les détails du Style ou Gnomon (1) sont très intéressants :

M verneil 3

la fente rectiligne (2) engendre un trait de lumière qui va indiquer l’heure solaire vraie à Verneil (4), tandis que le point lumineux (5) issu du trou rond (3) sera pris en compte sur la ligne courbe pour indiquer le temps de l’horloge ou de votre montre, et le moment de l'année où nous nous situerons, ceci aux différentes saisons : Automne (6) Printemps (7) Eté (8) Hiver (9).


 





Ce cadran reflète bien les soucis d’une époque où l’accélération des découvertes et de leurs applications précipitent les raisonnements sur le décompte du temps. Alors que depuis 1641, et surtout sous Louis XIV, les horloges sur l’étendue du royaume doivent être réglées selon la marche du soleil, l’avènement des horloges mécaniques vient compliquer les problèmes. Dans la Sarthe, ces horloges sont présentes depuis le XV
e ou XVIe siècle. Qui doit-on croire ? Le cadran solaire, notre repère depuis de si nombreuses générations ou cette mauvaise mécanique, invention purement humaine rarement en accord avec l’horloge solaire, et qui, en plus, se détracte souvent !

Sujet de discussions locales ou même de conflits avec des arguments qui, avec le recul, font sourire.

C’est l’horloge mécanique qui triomphera après bien des années d’incertitudes.
En 1816 le temps officiel en France est le temps moyen local, donc le temps d’une horloge de qualité et bien réglée. Mais hélas ce n’est pas encore le cas, pour le temps des horloges. D’où une circulaire du Préfet de la Sarthe en 1839, pour essayer de mettre tout le monde d’accord, et donner la marche à suivre de manière courtoise. C’est ainsi que ce cadran de Verneil prend toute sa place.

« Le Bureau des longitudes, publie chaque année un annuaire au prix modique d’un franc. Parmi les documents utiles que contient cet annuaire, se trouve un calendrier qui indique pour chaque jour l’heure qu’une horloge réglée sur le temps moyen doit marquer à l’instant où le cadran solaire marque midi […]. Monsieur le Ministre a pensé qu’il serait nécessaire que toutes les communes du Département, au moins celles que traversent les coursiers de l’Administration des Postes et qui possèdent une horloge, se procurassent l’annuaire dont il s’agit, et que la personne chargée de la régler eut soins, sinon chaque jour, au moins plusieurs fois par semaine, de rapprocher les indications du cadran solaire de celles de l’annuaire ».
Mais en 1839, il est déjà trop tard, d’autres découvertes vont modifier la transmission de l’heure. Le télégraphe et l’installation du chemin de fer entre autres, vont changer nos comportements face aux régulations du temps.

M verneil 4

dessin P. Deciron

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Date de dernière mise à jour : 25/04/2020